Agriculture et biodiversité

Afin de pouvoir répondre aux exigences actuelles en termes de qualité des produits et de respect de l’environnement, la Ferme du Harby agit à son échelle pour se diriger vers une agriculture productive et durable. Le champ d’action reste large et tend chaque jour à s’agrandir, se modifier, évoluer. Que ce soit via l’aménagement du territoire, l’expérimentation de nouvelles techniques ou encore l’association de ces deux composantes, la Ferme du Harby souhaite contribuer à l’amélioration des pratiques culturales actuelles. En partenariat avec le Parc Naturel du Pays des Collines, un plan d’action MAE (mesures agri-environnementales)  a été mis en place, contrôlé et certifié chaque année.

En tant qu’exploitation agricole, la Ferme du Harby cultive une 30aine d’hectares et élève une 40aine de bovins, dont 20 pour la production laitière. En dépit d’une importance relativement restreinte  par rapport aux exploitations agricoles actuelles, la Ferme du Harby souhaite poursuivre ses activités par des alternatives durables et préservatrices de la biodiversité au moyen de techniques agricoles innovantes et respectueuses de l’environnement.

Le plan d’action MAE

1. Espaces verts

-haies, arbres

Plus d’un km d’alignement d’espèces ligneuses jalonnent le domaine du Harby, avec une variété importante en termes d’espèces, de disposition et de fonction. Leurs avantages sont nombreux : brise-vents, zones d’ombrage, stabilisation des sols, couverture végétale permanente, habitats d’espèces animales, production de biomasse…

Vous pourrez découvrir l’ensemble de ces aménagements au travers du jeu itinérant.

-tournières

L’un des premiers aménagements mis en place au début du plan d’action, les tournières « pré fleuri » consistent en bandes aménagées sur le bord des parcelles cultivées, le long des cours d’eau. Des espèces herbacées spécifiques y sont implantées (graminées, fleurs en voie de disparition…), et on y applique le principe de fauche tardive (après le//), qui permet la montée en fleur de l’ensemble des espèces présentes et de favoriser ainsi la prolifération des pollinisateurs. Les fonctions de ces tournières sont les suivantes :

1)    zone « tampon » pour les eaux de ruissellement provenant des parcelles, enrichies parfois en nitrates, phosphates et résidus de produits phytosanitaires, afin qu’elles s’infiltrent et limiter la contamination des cours d’eau.

2)    Des espaces n’entrant pas dans les zones cultivées et soumis à la fauche tardive, permettant la prolifération d’espèces animales et végétales sauvages.

3)    La production de fourrage via les récoltes annuelles. Le but étant d’appauvrir le sol, ces bandes aménagées sont chaque année fauchée et récoltées (à ne pas confondre avec le principe de jachère, où la terre est laissée au repos).

-mares didactiques

L’aménagement de mares au sein du domaine est à vocation essentiellement écologique et didactique, elles ont été créées sur base d’un projet en partenariat avec l’asbl « GreenBelgium » et les jeunes soutenus par le service prévention de la commune de Saint-Gilles.

Leur fonction se résume en deux temps :

1)    Favoriser la prolifération d’espèces végétales et animales (en particulier des batraciens) en leur fournissant un écosystème adapté.

2)    Profiter de cette richesse écologique pour la faire découvrir aux personnes en visites et en activités à la Ferme du Harby.

2. Techniques agronomiques

-compostage de matières organiques

Le compostage de matières organiques, en particulier des effluents d’élevage, est une technique depuis longtemps approuvée, notamment en agriculture biologique. Cette technique favorise en effet la minéralisation des matières organiques, réduit les pertes de molécules actives par dégagement gazeux et augmente la capacité en rétention d’eau. Le résultat obtenu est un fertilisant naturel, riche en carbone, et plus léger.

La logistique du compostage étant parfois difficile à réaliser soi-même pour de grandes quantités, la Ferme du Harby a décidé de faire appel aux établissements « « , équipés d’un retourneur-aérateur Ménart 5300 SP. Cette machine étudiée spécifiquement pour cette utilisation, fournit également les avantages d’une parfaite homogénéisation du produit, d’un temps de travail minime et d’une consommation en carburants nettement réduite.

-valorisation et utilisation des effluents d’élevage grâce au logiciel VALOR

Dans un souci d’efficacité mais aussi de préservation de l’environnement, le logiciel VALOR, développé par AGRA-OST, permet de calculer une distribution optimisée des effluents d’élevage sur les différentes parcelles, selon le type de culture et d’élevage mis en place.

Ce logiciel est disponible gratuitement sur demande via le site internet d’AGRA-OST : http://www.valor.cra.wallonie.be/fr/333/valor

-binage des cultures sarclées

Le désherbage mécanique des cultures sarclées (maïs et betteraves) au moyen du binage, consiste à utiliser un outil de travail du sol entre les rangs des cultures (endroits où se développent les adventices concurrentes à la culture). Ses avantages sont les suivants :

1)    Aucune utilisation de produits phyto et procédé peu couteux (en carburant, temps de travail et équipement).

2)    Travail du sol à des endroits non cultivés : permet de casser la croûte de battance (réduit le ruissellement et l’érosion).

3)    La destruction des adventices et leur incorporation au sol augmente la  teneur en matière organique de ce dernier.

Pour le binage de ses cultures de maïs fourragers, la Ferme du Harby travaille en collaboration avec l’entreprise « « , équipée d’une bineuse Carré ECONET. La propriété intéressante de cet équipement est qu’en plus du binage, elle réalise un épandage précis de fertilisant sur la ligne de culture (ce qui permet de combiner 2 travaux en un seul passage, ainsi qu’une consommation fortement réduite de fertilisant).

-agroforesterie

En partenariat avec le groupe Cosucra, la Ferme du Harby a mis en place une parcelle de production herbagère, en association avec une culture ligneuse (peupliers). La technique de l’agroforesterie commence à intéresser de nombreux producteurs à travers le monde, notamment pour l’apport d’humus des espèces ligneuses, ainsi que le phénomène de brise-vent.

-culture de luzerne

La luzerne, medicago sativa, appartient à la famille des légumineuses, c’est-à-dire que par une association (symbiose) avec une bactérie (Rhizobium), elle est autosuffisante en matières azotées (l’un des éléments les plus limitant en agriculture et pour lequel les principaux engrais de synthèse sont utilisés).

En dépit d’une certaine exigence en qualité de sol, la productivité d’une culture de luzerne est très élevée. Ses racines profondes permettent également de puiser de l’eau même en période de sécheresse. Le fait de ne pas devoir utiliser d’engrais azotés est également un gros avantage (financier et écologique).

Récoltée de la même façon que les cultures herbagères, elle fournit un fourrage de bonne qualité et riche en protéines.

3. Essais en microparcelles
-potager didactique

Aménagement d’un potager « bio » aux fins expérimentales et didactiques.